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Vérifié en juillet 2026.

Certificat de nationalité française : à quel tribunal s’adresser, et comment l’obtenir

Le certificat de nationalité française (CNF) est le document qui prouve que vous êtes français. Il ne vous rend pas français : il constate une nationalité que vous détenez déjà, parfois sans le savoir. Il est gratuit et n’expire jamais. La difficulté est ailleurs : tous les tribunaux ne sont pas compétents pour le délivrer, et dans deux départements très peuplés, aucun tribunal judiciaire ne l’est.

Quel tribunal est compétent pour vous ?

Seuls les tribunaux désignés par le code de l’organisation judiciaire délivrent les certificats de nationalité française.

Ce que le certificat prouve — et ce qu’il ne fait pas

Le CNF constate votre nationalité française et fait foi jusqu’à preuve du contraire. On vous le demandera principalement dans trois cas :

  • une première carte nationale d’identité ou un premier passeport ;
  • l’inscription à un concours de la fonction publique ;
  • toute situation où l’administration doute de votre nationalité et vous demande de l’établir.
⭐ Le cas le plus fréquent est aussi le moins évident : les personnes nées en France de parents étrangers deviennent françaises automatiquement à 18 ans si les conditions de résidence sont remplies — mais rien ne leur est envoyé. Le certificat est le seul moyen de matérialiser cette acquisition invisible. Les règles du droit du sol sont détaillées sur notre page nationalité française.

À l’inverse, le certificat ne sert à rien si vous cherchez à devenir français : dans ce cas, la voie est une déclaration ou une demande de naturalisation.

Qui peut le demander

Votre situationQui fait la demande
18 ans ou plusvous-même, personnellement
16 ou 17 ansvous-même, ou vos représentants légaux
Moins de 16 ansvos représentants légaux
Sous tutellele tuteur
Sous curatellevous-même, personnellement

Le tribunal compétent : la règle, et ses surprises

La compétence ne suit pas la carte judiciaire ordinaire. Elle est fixée par un tableau annexé au code de l’organisation judiciaire, qui désigne, pour chaque ressort, un tribunal judiciaire ou une chambre de proximité. Le principe est simple — c’est le tribunal désigné pour votre domicile —, mais son application réserve des surprises.

⚠️⚠️ Dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, aucun tribunal judiciaire n’est compétent : seules des chambres de proximité le sont. Se présenter au tribunal judiciaire de Nanterre ou de Créteil pour un certificat de nationalité, c’est se déplacer pour rien. Dans les Hauts-de-Seine, il faut aller à Antony ou à Asnières-sur-Seine ; dans le Val-de-Marne, à Sucy-en-Brie, Charenton-le-Pont, Ivry-sur-Seine, Nogent-sur-Marne, Saint-Maur-des-Fossés ou Villejuif.

D’autres ressorts sont contre-intuitifs, parce que le siège compétent ne porte pas le nom du tribunal dont il couvre le ressort : Cannes pour le ressort de Grasse, Fréjus pour celui de Draguignan, Orange pour celui de Carpentras, Vichy pour celui de Cusset, Saint-Avold pour celui de Sarreguemines, Tulle pour Brive-la-Gaillarde, Vannes pour Lorient.

Si vous résidez hors de France, la règle change et se joue sur votre lieu de naissance :

  • né à l’étranger : c’est le pôle de la nationalité française du tribunal judiciaire de Paris — Parvis du Tribunal de Paris, 75859 Paris Cedex 17 ;
  • né en France : c’est le tribunal désigné pour votre lieu de naissance, et non celui de Paris. C’est l’erreur la plus fréquente chez les Français établis hors de France.

Dans tous les cas, un consulat ne délivre pas de certificat de nationalité française.

Comment faire la demande

  • Le formulaire : cerfa n° 16237*02 — notice n° 52373 —, rempli, daté et signé.
  • Une adresse électronique : depuis le 2 novembre 2024, elle est demandée dans le formulaire, et c’est par elle que passent le récépissé, les demandes de pièces complémentaires et la notification d’un éventuel refus. Une adresse postale n’est acceptée que si vous n’avez pas accès à une messagerie.
  • Le dépôt : au greffe du tribunal compétent, sur place ou par courrier.
  • Les pièces : pour toute demande, un acte de naissance, une pièce d’identité, une photographie d’identité en couleur récente et un justificatif de domicile — auxquels s’ajoutent les pièces propres à la voie par laquelle vous êtes français.
  • Les originaux : les documents sont exigés en original, sauf la pièce d’identité et le livret de famille, dont une copie lisible est acceptée.
Signalez tout changement d’adresse au greffe pendant l’instruction. La décision vous est notifiée par courrier : une notification qui n’arrive pas fait courir les délais quand même.

Coût et délais

PointValeur
Coût de la demandegratuit
Coût pour contester un refus50 € de contribution pour l’aide juridique depuis le 1er mars 2026, sauf aide juridictionnelle — et avocat obligatoire
Délai de décision6 mois à compter du récépissé, prorogeable deux fois de la même durée — soit 18 mois au maximum
Si l’administration ne répond pas⚠️ le silence vaut rejet
Durée de validitéaucune : le certificat ne se périme pas
⚠️ Retenez ce contraste, parce qu’il est piégeux : au même greffe, le silence de six mois enregistre une déclaration de nationalité — donc vous donne raison — mais rejette une demande de certificat. Ne comptez jamais sur l’absence de réponse pour un CNF.

En cas de refus

Le refus se conteste devant le tribunal judiciaire, par requête déposée au greffe, dans un délai de six mois à compter de la notification du refus ou de l’expiration des délais. L’avocat est obligatoire.

⚠️ Depuis le 1er mars 2026, introduire une instance devant le tribunal judiciaire suppose d’acquitter une contribution pour l’aide juridique de 50 €. Elle ne concerne pas la demande de certificat elle-même — adressée au directeur des services de greffe, elle en est expressément exclue —, mais bien la contestation d’un refus. Les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle, totale ou partielle, en sont dispensés, et le greffe doit vous inviter à régulariser avant toute irrecevabilité.

Le refus d’un certificat n’est pas une décision sur votre nationalité : il reste possible d’agir en justice pour faire reconnaître celle-ci.

Né à Mayotte : la mention qui vous évite de tout prouver

Si vous êtes né à Mayotte de parents étrangers, votre dossier de certificat doit établir, en plus des conditions habituelles, la régularité et la continuité du séjour de vos parents au jour de votre naissance — une preuve lourde, à réunir des années après.

Un dispositif permet de la constituer à l’avance : pendant toute la minorité de l’enfant, les parents peuvent faire porter cette mention en marge de son acte de naissance. L’enfant en est ensuite dispensé de preuve. La demande se fait obligatoirement en personne, auprès de n’importe quel officier d’état civil. Les conditions exactes, variables selon la date de naissance, sont détaillées sur notre page nationalité française.

Questions fréquentes

Le certificat de nationalité française est-il payant ?

Non, il est gratuit. Aucun timbre fiscal n’est exigé, contrairement à une demande de naturalisation qui coûte 255 €.

Combien de temps est-il valable ?

Il n’a pas de durée de validité. Une fois délivré, il fait foi jusqu’à preuve du contraire, sans limite dans le temps.

À quel tribunal dois-je m’adresser ?

Si vous résidez en France, au tribunal judiciaire ou à la chambre de proximité désigné pour votre domicile par le tableau annexé au code de l’organisation judiciaire. Si vous résidez hors de France, cela dépend de votre lieu de naissance : né à l’étranger, c’est le pôle de la nationalité française du tribunal judiciaire de Paris ; né en France, c’est le tribunal désigné pour votre lieu de naissance. Attention : dans les Hauts-de-Seine et le Val-de-Marne, seules des chambres de proximité sont compétentes, pas les tribunaux judiciaires de Nanterre et de Créteil.

Combien de temps faut-il pour l’obtenir ?

Le tribunal dispose de 6 mois à compter du récépissé, délai prorogeable deux fois pour la même durée, soit 18 mois au maximum.

Que se passe-t-il si je n’ai pas de réponse ?

L’absence de décision à l’expiration des délais vaut rejet de la demande. C’est l’inverse d’une déclaration de nationalité, où le silence de six mois vaut enregistrement.

Quel formulaire faut-il utiliser ?

Le cerfa n° 16237, à déposer ou à envoyer au greffe du tribunal compétent, accompagné des pièces exigées en original.

Un consulat peut-il délivrer un certificat de nationalité ?

Non, aucun consulat ne délivre de certificat de nationalité française. Si vous résidez à l’étranger, la demande s’envoie par courrier au pôle de la nationalité française du tribunal judiciaire de Paris si vous êtes né à l’étranger, ou au tribunal de votre lieu de naissance si vous êtes né en France.

Contester un refus coûte-t-il quelque chose ?

Oui, depuis le 1er mars 2026 : introduire l’instance devant le tribunal judiciaire suppose une contribution pour l’aide juridique de 50 €, à laquelle s’ajoutent les honoraires de l’avocat, obligatoire. Les bénéficiaires de l’aide juridictionnelle, totale ou partielle, en sont dispensés. La demande de certificat elle-même reste gratuite.

Que faire si ma demande est refusée ?

Le refus se conteste par requête devant le tribunal judiciaire dans les six mois suivant la notification, avec un avocat, dont la constitution est obligatoire.

Je suis né en France de parents étrangers : ai-je besoin d’un certificat ?

Si vous êtes devenu français automatiquement à 18 ans par le droit du sol, aucun document ne vous a été délivré. Le certificat de nationalité est le moyen de prouver cette acquisition, notamment pour une première carte d’identité ou un premier passeport.

Sources — Code civil, articles 30 à 31-3 · code de procédure civile, articles 1045-1 — dans sa version issue du décret n° 2024-969 du 30 octobre 2024 — et 1045-2 · décret n° 2022-899 du 17 juin 2022 relatif au certificat de nationalité française · arrêté du 12 août 2022 (formulaire cerfa 16237 et pièces) · justice.fr, notices de demande de CNF · annexe tableau IX du code de l’organisation judiciaire, annexe des articles D. 211-10-3-1 et D. 212-19, dans sa version en vigueur depuis le 1er janvier 2023 issue du décret n° 2022-918 du 21 juin 2022, relevée le 26 juillet 2026 — 199 sièges répartis sur 37 cours d’appel · article 1635 bis Q du code général des impôts et article 62-2 du code de procédure civile, dans leur rédaction issue de la loi de finances du 19 février 2026 et du décret n° 2026-250 du 7 avril 2026 · service-public.gouv.fr, fiche F1051 · circulaire du ministère de la Justice du 5 mai 2026 pour Mayotte. Page vérifiée en juillet 2026.

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