Vérifié en juillet 2026.
Titre de voyage pour réfugié, apatride ou protégé subsidiaire
Sous la protection de l’Ofpra, vous n’utilisez pas le passeport de votre pays : l’État français vous délivre un titre de voyage qui en tient lieu. Trois documents existent selon votre statut, et leur durée dépend de la carte de séjour que vous détenez. Mais le point le plus important n’est ni le prix ni la durée : c’est que certains voyages peuvent vous faire perdre votre protection.
Quel titre de voyage, pour combien de temps ?
La durée et le prix ne dépendent pas seulement de votre statut, mais aussi de votre carte de séjour.

Les trois titres, leur durée et leur prix
Le titre de voyage tient lieu de passeport. Il n’est délivré qu’aux personnes placées sous la protection de l’Ofpra qui sont déjà titulaires de leur carte de séjour (ou, pour un enfant, d’un document de circulation pour étranger mineur).
| Votre statut | Titre délivré | Durée de validité | Taxe |
|---|---|---|---|
| Réfugié | Titre de voyage pour réfugié (TVR) | 5 ans | 45 € |
| Apatride | Titre de voyage pour apatride (TVA) | 5 ans avec une carte de résident 4 ans avec une carte pluriannuelle | 45 € 40 € |
| Protection subsidiaire | Titre d’identité et de voyage (TIV) | 5 ans avec une carte de résident 4 ans avec une carte pluriannuelle | 45 € 40 € |
| Enfant mineur d’un réfugié ou d’un protégé subsidiaire | Titre d’identité et de voyage (TIV) | 1 an | 15 € |
Où vous pouvez aller — et où vous ne pouvez pas
Le titre de voyage vous permet de voyager hors de France, à l’exclusion de votre pays d’origine si vous êtes réfugié ou sous protection subsidiaire. Le TVR est le « titre de voyage de la convention de 1951 » : en application de son article 28, les 145 États parties à la convention en reconnaissent la validité.
Un titre de voyage ne vaut par ailleurs pas visa : chaque pays applique sa propre politique d’entrée aux porteurs d’un titre de voyage, et elle est souvent différente de celle qu’il applique aux passeports français. Renseignez-vous auprès de l’ambassade du pays de destination avant d’acheter un billet.
Le vrai risque : un voyage peut vous coûter votre protection
C’est le point que presque personne n’explique, et il est plus lourd qu’une amende ou qu’un refus d’embarquement. L’Ofpra peut mettre fin au statut de réfugié lorsque la personne relève d’une des clauses de cessation de la convention de Genève (article 1, section C), en application de l’article L. 511-8 du CESEDA.
Deux de ces clauses concernent directement les voyages :
- vous vous êtes volontairement réclamé à nouveau de la protection du pays dont vous avez la nationalité ;
- vous êtes retourné volontairement vous établir dans le pays que vous aviez quitté.
Une exception existe pour les motifs humanitaires — décès ou maladie grave d’un proche. Le voyage peut alors être autorisé, à titre exceptionnel et pour une courte durée, sans risque de cessation de la protection. Il prend la forme d’un sauf-conduit délivré par la préfecture. Ne partez pas sans l’avoir demandé.
Comment le demander
Depuis avril 2022, la demande se fait exclusivement en ligne sur l’ANEF. Aucun dossier n’est accepté au guichet ni par courrier, et il n’est plus nécessaire de prendre rendez-vous.
Les pièces habituellement demandées :
- la copie recto-verso de votre titre de séjour en cours de validité ;
- un justificatif de domicile de moins de 6 mois ;
- des photographies d’identité récentes au format 3,5 × 4,5 cm ;
- le timbre fiscal correspondant à votre situation ;
- l’ancien titre, ou une déclaration de perte ou de vol ;
- pour un majeur, l’acte de naissance établi par l’Ofpra de moins de 3 mois ;
- pour un mineur, la preuve qu’il est sous protection de l’Ofpra et les titres de séjour de ses parents.
Le titre de voyage se retire ensuite en préfecture. Le timbre fiscal s’achète en ligne ou chez un buraliste agréé : voyez notre page timbre fiscal.
Les enfants ont leur propre titre
Un enfant ne peut pas figurer sur le titre de voyage de ses parents. Quel que soit son âge, il lui faut son propre document, valable 1 an et soumis à une taxe de 15 €. C’est une différence importante avec le passeport français, où un enfant peut être rattaché à la démarche familiale mais dispose lui aussi de son propre titre.
Questions fréquentes
Puis-je retourner dans mon pays d’origine avec un titre de voyage ?
Non. Le titre de voyage exclut expressément le pays d’origine pour les réfugiés et les bénéficiaires de la protection subsidiaire, et le ou les pays interdits sont inscrits sur le document. Au-delà de l’interdiction, un retour volontaire peut entraîner la cessation de votre protection par l’Ofpra.
Combien de temps mon titre de voyage est-il valable ?
Le titre de voyage pour réfugié est valable 5 ans. Le titre pour apatride et le titre d’identité et de voyage sont valables 5 ans si vous détenez une carte de résident, et 4 ans si vous détenez une carte de séjour pluriannuelle. Le titre d’un enfant mineur est valable 1 an.
Combien coûte un titre de voyage ?
La taxe est de 45 € pour un titre valable 5 ans, de 40 € pour un titre valable 4 ans, et de 15 € pour le titre d’un enfant mineur.
Puis-je faire ma demande en préfecture ?
Non. Depuis avril 2022, la demande se fait exclusivement en ligne sur l’ANEF. Aucun dossier n’est accepté au guichet ni par courrier. Seul le retrait du titre se fait en préfecture.
Je dois me rendre d’urgence dans mon pays pour un décès. Que faire ?
Pour un motif humanitaire comme le décès ou la maladie grave d’un proche, un voyage de courte durée peut être autorisé à titre exceptionnel sans risque de cessation de la protection. Il faut demander un sauf-conduit à votre préfecture avant de partir.
Le titre de voyage me dispense-t-il de visa ?
Non. Chaque pays applique sa propre politique d’entrée aux porteurs d’un titre de voyage, souvent différente de celle qui s’applique aux passeports français. Renseignez-vous auprès de l’ambassade du pays de destination avant de réserver.
Pour le reste de vos démarches, voyez le titre de séjour et les documents provisoires de l’ANEF, le timbre fiscal et, si vous préparez un départ, nos formalités de voyage par pays. Si vous vous mariez en France, la mairie ne doit pas non plus vous renvoyer vers votre consulat : voyez se marier en France quand on est étranger.
Sources : ministère de l’Intérieur, Direction générale des étrangers en France ; fiches préfectorales sur les titres de voyage (Hauts-de-Seine, Ille-et-Vilaine, Seine-Maritime) ; service-public.gouv.fr F35534 ; code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, article L. 511-8 ; convention de Genève du 28 juillet 1951, articles 1er section C et 28.
